Le rôle des forêts dans la réalisation des objectifs de la Convention des Nations Unies contre la désertification
L'événement parallèle FSC-IF à la COP17 de la CNUC

Au début de la COP17 de la CNUCD, la Fondation indigène FSC (FSC-IF) a organisé un événement parallèle le 17 août intitulé « Le rôle des forêts dans la réalisation des objectifs de la Convention des Nations Unies contre la désertification ». Il a souligné la contribution souvent négligée des forêts et des peuples autochtones dans la lutte contre la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse.
Le panel était composé de :
- Mme Hindou Oumarou Ibrahim, présidente du Forum des peuples autochtones pour lutter contre la désertification et présidente du Conseil FSC-IF.
- Mme Cindy Cheng, directrice régionale, Conseil de gestion des forêts Asie-Pacifique (FSC APAC)
- Mme Aissatou Ibrahim, coordinatrice adjointe du Réseau des communautés indigènes et locales pour la gestion durable des écosystèmes forestiers en Afrique centrale (REPALEAC)
- M. Natanael Braga Pereira, spécialiste de l’indigenisme, Fondation nationale des peuples autochtones du Brésil (FUNAI)
- M. Morse Flores, Directeur des politiques et partenariats autochtones mondiaux, The Nature Conservancy (TNC)
Modératrice : Mme Minnie Degawan, directrice générale du FSC-IF.
La discussion a révélé des points communs clairs autour des priorités clés : prévenir la dégradation des terres et des forêts, reconnaître les droits et le leadership des peuples autochtones, valoriser les connaissances autochtones aux côtés des approches scientifiques et techniques, et garantir l’accès au financement à long terme. Traduire ces priorités en actions nécessite une coopération entre les peuples autochtones, les gouvernements, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé.
C’est pourquoi il a été si précieux de réunir et d’écouter les dirigeants autochtones œuvrant dans différentes régions et au sein de diverses institutions, notamment en Afrique, au sein du gouvernement brésilien et de l’organisation The Nature Conservancy, aux côtés du Forest Stewardship Council. Leurs contributions ont apporté à la discussion des rôles, des expériences et des expertises variés, offrant des exemples concrets de la manière dont le leadership autochtone et la coopération intersectorielle peuvent, dans la pratique, faire avancer des priorités communes.
Temps forts de l’événement annexe

Un message central de la discussion était que la prévention est plus efficace et moins coûteuse que la restauration. Les peuples autochtones sont reconnus comme des gardiens de longue date des forêts et des territoires, possédant des connaissances traditionnelles et des systèmes de gouvernance capables de prévenir la dégradation des forêts et de soutenir la restauration des écosystèmes.
Hindou Oumarou Ibrahim a souligné l’importance de reconnaître et de garantir les droits collectifs des peuples autochtones sur leurs terres, territoires, forêts et ressources naturelles, ainsi que de garantir leur participation significative aux décisions qui les concernent. Il a également souligné la nécessité d’un financement direct et d’un soutien pour la conservation et la gestion des terres menées par les Autochtones.

« Dans les discussions sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse (DLDD), nous oublions souvent les solutions. Les forêts font partie de la solution, et les peuples autochtones sont les gardiens de ces forêts. »Hindou Oumarou Ibrahim, président du Conseil FSC-IF
Dans le contexte africain, Aissatou Ibrahim (REPALEAC) a souligné l’importance de la participation communautaire, des savoirs traditionnels et de la gouvernance locale dans la protection des forêts et la restauration des paysages dégradés. Les communautés autochtones et locales se sont présentées non seulement comme bénéficiaires de programmes de conservation, mais aussi comme détenteurs de droits, détenteurs de connaissances et leaders actifs dans la gestion des écosystèmes.

Natanael Braga Pereira a expliqué que le Brésil a renforcé son cadre institutionnel pour les peuples autochtones, notamment par le Ministère des Peuples Autochtones et des politiques soutenant la gestion territoriale et environnementale des terres autochtones. Les territoires autochtones ont été mis en avant comme des zones importantes pour prévenir la déforestation, protéger la biodiversité, maintenir les ressources en eau et réduire les émissions de carbone.

« Délimiter, protéger, renforcer la gestion environnementale et promouvoir la restauration écologique des terres indigènes sont des actions fondamentales pour atteindre les objectifs de la CNUDC. » Natanael Braga Pereira, FUNAI
Cindy Cheng (FSC Asie-Pacifique) a souligné le rôle d’une gestion responsable des forêts et de la certification dans la prévention de la dégradation avant la nécessité d’une restauration. La certification FSC fournit un cadre qui intègre la protection de l’environnement, les droits sociaux, les droits des peuples autochtones et la viabilité économique. Il a également souligné le rôle essentiel des communautés indigènes sur le terrain : « Ce sont le pieds, les yeux, les oreilles et les mains sur le sol. »

Cependant, il a noté que la certification peut être difficile pour les forêts indigènes et gérées par la communauté en raison des exigences financières, techniques, documentaires et de surveillance. Il a mis en avant le potentiel des approches d’amélioration continue pour rendre la certification plus accessible, tout en maintenant sa crédibilité et ses normes. Il a également souligné que la gestion durable des forêts doit reconnaître les services écosystémiques plus larges générés par les forêts, notamment la conservation de la biodiversité, le stockage du carbone, la régulation de l’eau et les bénéfices pour les moyens de subsistance.
La perspective de la Nature Conservancy, présentée par Morse Flores, directeur des politiques et partenariats autochtones mondiaux, a renforcé quatre principales leçons tirées des initiatives de conservation à travers le monde. Premièrement, les droits doivent précéder la restauration : la conservation est la plus durable lorsque les peuples autochtones ont l’autorité et les ressources pour gérer leurs territoires. Deuxièmement, la prévention est préférable à la restauration, car les territoires autochtones constituent souvent des obstacles importants à la déforestation. Troisièmement, le savoir et la science autochtones sont plus forts ensemble, notamment grâce aux Gardiens Autochtones et aux programmes de surveillance communautaire. Quatrièmement, la conservation nécessite un financement durable et à long terme plutôt que des projets à court terme.

Des exemples du Canada, de l’Amazonie, d’Australie et de Mongolie ont démontré comment la gouvernance indigène, le financement de la conservation, le soutien technique et les partenariats à long terme peuvent produire des résultats durables.
Dans l’ensemble, cet événement secondaire a renforcé que les forêts et la gestion dirigée par les indigènes sont essentielles pour atteindre les objectifs de la CNUDCD, de la prévention de la dégradation des terres au renforcement de la résilience des écosystèmes et du climat. En regardant vers l’avenir, les intervenants ont souligné la nécessité d’intégrer mieux les forêts, les droits et les connaissances autochtones dans la mise en œuvre de la UNCD, soutenue par un financement direct et à long terme. Ils ont également appelé à renforcer les synergies entre le CNUD et d’autres cadres environnementaux traitant des forêts, de la biodiversité, du changement climatique et de la gestion durable des terres.
Le message global de l’événement était clair : des forêts saines, des droits indigènes sécurisés, un leadership autochtone et une finance durable sont des bases mutuellement solides pour atteindre la neutralité de la dégradation des terres et des paysages résilients.
Une fermeture significative
L’événement s’est conclu par la remise d’une épingle en peau d’orignal en soutien à la Elk Fur Campaign, un mouvement populaire dirigé par les Autochtones qui rassemble hommes, garçons et tous les Canadiens, qui s’opposaient à la violence contre les femmes et les enfants. Porter de la fourrure d’élan signifie un engagement à honorer, respecter et protéger les femmes et les enfants, et à travailler ensemble pour mettre fin à la violence.
Ce geste a apporté une conclusion significative à un événement qui avait mis en avant tout au long de la discussion l’importance de la responsabilité, du respect et du travail commun pour transformer les engagements partagés en actions.












