La gestion forestière par les populations autochtones en Asie
Tout savoir sur la certification FSC en Asie
FSC IF
Mars 2026
Les 21 et 22 mars, la Fondation Autochtone FSC a organisé la réunion intitulée « Gestion forestière autochtone : naviguer dans la certification FSC en Asie ». Un groupe hétérogène composé de dirigeants autochtones, de représentants de la FSC-IF et du FSC, ainsi que d’acteurs régionaux, s’est réuni à Chiang Mai, en Thaïlande, pour un dialogue approfondi sur l’avenir de la gouvernance forestière en Asie. Il en est ressorti non seulement une discussion technique sur les systèmes de certification, mais aussi une réflexion profonde sur les droits, la résilience et les réalités vécues par les peuples autochtones confrontés à des politiques étatiques restrictives et aux pressions des entreprises.
Dès le début, les participants ont clairement établi une chose : la certification forestière ne peut être dissociée du contexte plus large des droits des peuples autochtones. Partout en Asie, les peuples autochtones continuent de faire face à un accès de plus en plus restreint à leurs terres ancestrales, à des politiques étatiques restrictives et à des pressions économiques concurrentes.
La tension entre les normes et la réalité
Le Forest Stewardship Council (FSC) se positionne comme un leader mondial de la gestion forestière responsable, avec plus de 117 millions d’hectares certifiés à travers le monde. De plus, le FSC a défini 10 principes, dont trois sont particulièrement pertinents pour les peuples autochtones :
Principe 2 : maintenir ou améliorer le bien-être social et économique des travailleurs ;
Principe 3 : respecter les droits des peuples autochtones
Principe 9 : maintenir ou améliorer les valeurs de conservation élevées, y compris les sites culturels et spirituels.
Ces principes constituent des points d’entrée formels pour faire progresser les droits des peuples autochtones au sein du système FSC. Pourtant, le dialogue a révélé un fossé persistant entre ces engagements et leur mise en œuvre sur le terrain.
Une préoccupation urgente a été soulevée concernant le FPIC. Pour de nombreux participants autochtones, le FPIC n’est pas simplement une étape procédurale, mais une expression fondamentale de l’autodétermination. Les témoignages partagés lors de la réunion ont illustré comment, dans la pratique, les communautés sont souvent consultées trop tard, voire pas du tout, alors que les décisions concernant leurs terres sont déjà en cours. La crainte est que les révisions en cours des normes FSC affaiblissent le FPIC, transformant un droit substantiel en une simple formalité administrative.
M. Nicolas Mujah, membre du Conseil de l’IF FSC, a également mentionné comment les communautés peuvent engager des procédures de réclamation pour contester les violations:
« Il est important d’intégrer le FPIC au FSC. Au sein du FSC, il existe un cadre de recours : si vous estimez avoir été victime d’une injustice, vous pouvez commencer par le mécanisme de plainte. »
Les participants ont convenu que le FSC et les mécanismes de certification similaires doivent fournir des processus de plainte et de recours transparents et efficaces. Les mécanismes de plainte peuvent être anonymisés pour protéger les défenseurs des droits humains, mais un soutien systémique et un suivi font défaut, ce qui sape la responsabilité.
Obstacles structurels à la participation
La participation a été un thème central du dialogue : qui a le pouvoir de définir les règles ?
La structure de gouvernance du FSC, articulée autour de chambres économiques, sociales et environnementales, est conçue pour équilibrer les intérêts. Cependant, les participants ont mis en évidence des obstacles importants pour les peuples autochtones. Les cotisations, la complexité technique, le pouvoir de vote limité et l’accès inégal à ces mécanismes restreignent tous une participation significative. Pour de nombreuses communautés dépendantes de la forêt, le simple fait de s’y retrouver dans le système peut être accablant, en particulier pour les communautés autochtones disposant de ressources limitées et d’un soutien insuffisant.
Cependant, malgré ces défis, plusieurs mécanismes d’engagement ont été mis en avant par Jacki Yeung, responsable des adhésions du FSC pour la région Asie-Pacifique :
Participation aux motions de l’Assemblée générale et aux processus de vote
Implication dans les discussions des chambres et les groupes de travail
Engagement dans les consultations et les plateformes d’élaboration des politiques
Les participants ont souligné que si l’adhésion individuelle peut sembler limitée, l’organisation collective au sein des chambres peut renforcer l’influence autochtone.
Une voie à suivre : réforme et collaboration
Malgré les défis, le ton de la réunion n’était pas celui de la résignation, mais d’une détermination prudente.
Les participants ont appelé à des réformes concrètes au sein du FSC, reconnaissant que les structures actuelles sont insuffisantes pour protéger les droits des peuples autochtones, notamment en réduisant les obstacles à l’adhésion, en renforçant la représentation autochtone et en garantissant une application cohérente des normes. L’accent a également été fortement mis sur l’action collective, l’organisation au sein des chambres, la création de réseaux régionaux et l’élaboration de messages communs pour les plateformes mondiales.
Lors de la dernière journée du dialogue, les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ont été mis en avant comme un outil complémentaire, notamment pour renforcer la responsabilité et l’accès aux voies de recours. Alors que des lois rendant obligatoire la diligence raisonnable commencent à voir le jour dans plusieurs pays, il existe un potentiel croissant d’aligner les systèmes de certification sur des cadres juridiques plus larges.
Conclusion : de la participation au pouvoir
Cette rencontre a mis en évidence un moment critique pour la gouvernance forestière en Asie. Le FSC et les systèmes similaires recèlent un potentiel considérable, mais leur légitimité dépend de leur capacité à tenir leurs promesses.
Pour les peuples autochtones, la question n’est pas de savoir s’il faut s’engager, mais comment transformer ces systèmes afin qu’ils reflètent véritablement leurs droits, leurs connaissances et leur leadership.
Dans l’ensemble, la rencontre a été révélatrice et a créé un espace de réflexion critique, les participants ayant exprimé leur gratitude pour cette occasion de partager leurs expériences et de remettre en question les systèmes existants.
« J’ai beaucoup appris sur le FSC et le PIPC. Merci pour cet échange d’apprentissage ; le fait de comprendre les défis et les expériences de chacun a rendu cette expérience vraiment significative et fructueuse. J’espère également que les jeunes s’impliqueront davantage. »
– Naomi Be-ilan, jeune autochtone, Ikalahan, Philippines
David Flood a été nommé nouveau président du Comité permanent des peuples autochtones du FSC
Le rôle du PIPC est d’agir en tant que comité consultatif mondial pour conseiller le Conseil d’administration international du FSC sur le système de certification FSC, de protéger les droits des peuples autochtones, d’améliorer la gestion forestière et de soutenir les peuples autochtones dans la mise en place d’une gestion forestière certifiée par le FSC, en augmentant leur part de marché et leur valeur.
Dans le cadre du fonctionnement du PIPC, les membres élisent un président tous les deux ans afin de garantir la continuité, le leadership partagé et un soutien constant au travail du comité.
« C’est avec une grande gratitude que nous accueillons David Flood en tant que nouveau président du PIPC. Son élection à la présidence témoigne de la manière dont les valeurs autochtones guident le travail du PIPC ; le leadership autochtone a toujours été une fonction partagée et le PIPC l’a démontré en élisant David et en garantissant la continuité du leadership. Nous souhaitons la bienvenue à David dans ses nouvelles fonctions et nous nous réjouissons de travailler avec lui pour veiller à ce que les voix et les valeurs autochtones soient clairement exprimées et mises en pratique au sein du FSC. » – Minnie
Réflexions de David Flood
Faire le pas vers le leadership:
David Flood est un ingénieur forestier agréé (IFR) et prend ses fonctions de président avec une conscience aiguë des relations qui façonnent le travail du PIPC. Après avoir siégé au comité pendant un peu plus d’un an, il s’est attaché à comprendre comment le PIPC interagit avec le Conseil de la Fondation autochtone du FSC, le Secrétariat et la gouvernance de FSC International. Il considère que le rôle de la présidence consiste à aider à orienter et à renforcer ces liens, tout en veillant à ce que le PIPC reste un organe consultatif efficace au sein du système plus large du FSC.
De plus, il reconnaît que cette responsabilité va au-delà de la simple coordination institutionnelle.
« Nous sommes censés, à travers huit régions du monde, mener le changement pour assurer le respect de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) et du consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) en ce qui concerne les normes et la bonne gouvernance dans le secteur forestier, dans un esprit de réconciliation — du moins au Canada, nous utilisons ce terme —, tandis que dans d’autres régions, on parle plutôt de justice», explique David.
Son expérience au sein du FSC a débuté en 2007, alors qu’il travaillait comme auditeur pour la Rainforest Alliance. L’une de ses premières missions concernait une Iisaak (mot nuu-chah-nulth signifiant « respecter ou apprécier ») forêt dont 51 % étaient considérés comme appartenant aux peuples autochtones. Comme l’a décrit David, il s’agissait « du premier transfert de propriété forestière de ce type où la forêt appartenait aux peuples autochtones », résultant d’efforts soutenus visant à changer la façon dont les terres étaient gérées.
Si cette transition a constitué une étape importante, l’audit a révélé que les pratiques de gestion n’avaient pas évolué au même rythme. Comme il l’a souligné, « ils ont simplement supprimé l’ancien nom et en ont mis un nouveau, tout en conservant tous les gestionnaires », la forêt continuant à fonctionner selon des systèmes industriels. Cela a mis en évidence le décalage entre les changements de propriété et les changements significatifs en matière de gouvernance et de prise de décision.
Le processus d’audit a identifié des non-conformités importantes, ce qui a conduit à la suspension du certificat FSC. En y réfléchissant, David a souligné qu’« une suspension est une affaire très sérieuse », mettant en avant à la fois la rigueur du système FSC et les défis que représente l’alignement des pratiques sur les approches menées par les peuples autochtones.
Cette expérience a marqué un tournant décisif dans l’engagement de David auprès du FSC. Elle a façonné sa compréhension tant du potentiel que des limites des systèmes de certification, ainsi que de l’importance de veiller à ce que le leadership autochtone se reflète de manière significative non seulement dans la propriété, mais aussi dans la manière dont les forêts sont gouvernées et gérées au fil du temps.
Au cours des années qui ont suivi, David a continué à s’impliquer au sein du FSC à travers des processus d’élaboration de normes et des fonctions de gouvernance, notamment en tant que membre du conseil d’administration de FSC Canada et de la Chambre autochtone du Canada, où il siège depuis plus de dix ans à ce jour. Ces expériences ont contribué à forger sa vision d’un alignement des systèmes du FSC sur les valeurs, le leadership et les processus décisionnels autochtones.
L’an dernier, en 2025, David s’est tenu aux côtés du peuple Menominee pour célébrer une vision commune de la gestion forestière, et a participé à un événement parallèle lors de l’Assemblée générale du FSC au Panama sur le Principe 3 du FSC, tout en prenant part à des discussions menées par des peuples autochtones autour de la création d’une quatrième chambre au sein du FSC, dans le cadre de la Motion 5 proposée.
Regard vers l’avenir : une vision commune
David considère le PIPC comme une plateforme composée de dirigeants autochtones qui apportent leur expérience de terrain et un engagement profond en faveur du changement. Le soutien aux initiatives qui touchent les communautés sur le terrain reste au cœur de cette vision.
Dans le même temps, il reconnaît le contexte plus large dans lequel ce travail s’inscrit. Les efforts visant à défendre les droits des peuples autochtones s’inscrivent dans des systèmes mondiaux complexes, où l’ampleur des défis dépasse souvent la portée d’une seule organisation. Dans ce contexte, le PIPC et la Fondation autochtone du FSC continuent de jouer un rôle ciblé mais significatif, en collaborant avec le FSC pour faire avancer le changement et renforcer la reconnaissance des droits des peuples autochtones.
Ce travail ne concerne pas seulement la gouvernance, mais vise également à contribuer à un mouvement plus large.
Comme l’a exprimé David, il s’agit de continuer à « faire briller la lumière dans les ténèbres du colonialisme », tout en veillant à ce que « les peuples autochtones restent un élément clé du FSC ».
David Flood, IFR
L’élection s’est déroulée le 19 février 2026 avec la participation en ligne de tous les membres du PIPC. Nous adressons nos remerciements à Mme Alina Santiago pour avoir occupé le poste de présidente au cours de la période précédente.
« Même si 2025 a été une année difficile pour la Fondation, nous avons eu la chance de t’avoir comme présidente du PIPC. Ton leadership nous a aidés à surmonter une période difficile et nous espérons que, à mesure que nous avançons, tu continueras d’être là pour nous offrir tes conseils. Merci, et comme dit mon peuple : MABUHAY ! (longue vie !) » – Minnie Degawan
Journée internationale de la femme – 8 mars
Les femmes autochtones, leurs droits et la protection de Mère Nature.
FSC IF
Partout dans le monde, les femmes continuent d’être les moteurs du changement au sein de leurs familles, de leurs communautés et de leurs écosystèmes. Parmi elles, les femmes autochtones se distinguent comme les gardiennes essentielles de la nature, dépositaires de systèmes de connaissances qui soutiennent la biodiversité, protègent les écosystèmes et aident les communautés à s’adapter au changement climatique. Cependant, leurs contributions sont encore trop souvent ignorées dans l’élaboration des politiques, la recherche et le discours public.
La Journée internationale de la femme est l’occasion non seulement de réfléchir aux inégalités auxquelles les femmes continuent d’être confrontées, mais aussi de reconnaître leurs contributions profondes à la société et à la planète. Dans de nombreuses communautés autochtones, les femmes jouent un rôle essentiel dans le maintien des traditions culturelles, tout en protégeant les environnements naturels dont dépendent leurs communautés.
La leader autochtone Aissatou Ibrahim réfléchit à la signification de cette journée :
« Pour moi, la Journée internationale de la femme est simplement un moyen de valoriser même les petites choses que font les femmes, y compris à la maison. Le matin, c’est elle qui se lève avant tout le monde, et c’est elle qui se couche après tout le monde. Sans les femmes, il n’y a donc pas de vie. Sans les femmes, il n’y a pas non plus de joie à la maison. Une maison sans femme est comme une maison dans l’obscurité ».
Ses paroles nous rappellent que les contributions quotidiennes des femmes, souvent invisibles ou sous-estimées, sont essentielles au bien-être des familles, des communautés et des sociétés.
Lorsque ces contributions passent inaperçues, leurs connaissances sont également exclues des politiques environnementales et des stratégies de conservation. En conséquence, de précieuses occasions de renforcer la gestion durable des écosystèmes sont perdues.
Porteurs de connaissances et observateurs du climat
Dans de nombreuses communautés autochtones, les femmes possèdent une connaissance approfondie des plantes, des animaux, des modèles climatiques et des écosystèmes. Cette connaissance s’est développée au fil de générations d’observation, d’expérience et de pratiques culturelles, et joue un rôle essentiel dans le maintien des moyens de subsistance et de la biodiversité.
Aissatou décrit la profondeur de cette connaissance dans sa communauté :
« Ce sont les femmes qui savent où trouver les herbes, les arbres et les feuilles, que ce soit pour se nourrir, se soigner, enseigner ou transmettre ces connaissances et cette sagesse traditionnelles. »
Cette compréhension de la nature va bien au-delà de l’utilisation des plantes. Les femmes autochtones observent attentivement les changements saisonniers, le comportement des animaux et les signes environnementaux qui aident les communautés à anticiper les conditions climatiques.
Comme l’explique Aissatou :
« Les femmes savent prédire le temps qu’il fera. Quand il fera chaud, quand il pleuvra, comment sera la saison, si elle sera longue ou courte, s’il y aura des inondations ou des sécheresses. »
Ces observations sont vitales dans les régions où les moyens de subsistance dépendent étroitement des cycles naturels. Les femmes orientent souvent les décisions concernant les saisons des semailles, l’utilisation des ressources naturelles et le déplacement des animaux, aidant ainsi les communautés à s’adapter aux conditions environnementales changeantes.
Défis et pressions
Malgré leur rôle essentiel dans la gestion environnementale, les femmes autochtones continuent de faire face à des défis importants. De nombreux territoires autochtones sont de plus en plus menacés par la déforestation, les industries extractives et l’invasion des terres, ce qui met en péril à la fois les écosystèmes et les moyens de subsistance traditionnels.
Dans le même temps, les inégalités sociales et la discrimination fondée sur le genre limitent souvent la participation des femmes à la prise de décision en matière d’environnement. Il est donc essentiel, tant pour la justice entre les sexes que pour la protection de la biodiversité, de reconnaître les droits des femmes autochtones, y compris leurs droits fonciers, leurs droits culturels et leur rôle de premier plan dans la gouvernance environnementale.
L’identité autochtone et l’avenir
Malgré ces défis, les femmes autochtones continuent de faire preuve de résilience, de leadership et de détermination.
Pour Aissatou, l’identité autochtone est une source de fierté et de force :
« Être autochtone, c’est posséder des connaissances et une sagesse traditionnelles, avoir une identité, être connecté à un territoire d’une manière ou d’une autre ».
Ce lien avec la terre et la culture détermine la manière dont les communautés autochtones comprennent leur responsabilité de protéger la nature et de préserver leur mode de vie.
Aissatou partage également un message inspirant pour les jeunes générations :
« Jeunes gens, ce message s’adresse à vous. Soyez fiers de qui vous êtes. Soyez très heureux d’être autochtones, quel que soit votre peuple, votre pays ou votre origine. »
« Être autochtone est une chance que nous ne devons jamais laisser passer, et nous devons prendre soin et protéger notre communauté, notre identité, notre culture et nos connaissances traditionnelles. »
Aujourd’hui, alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme, il est important de rappeler que la protection de la nature et la promotion des droits des femmes sont étroitement liées.
Le Forest Stewardship Council (FSC) et la Fondation autochtone du FSC reconnaissent le rôle essentiel que jouent les femmes autochtones dans la protection des forêts, le maintien de la biodiversité et le renforcement de la résilience des communautés. Découvrez comment le FSC collabore avec les peuples autochtones de différentes manières afin de créer des opportunités communes.
Bulletin d’information de février 2026 du FSC-IF
Les temps forts du mois et les activités à venir
FSC IF
Dans toutes les régions et tous les territoires, les dirigeants autochtones continuent de façonner les actions liées au climat et aux forêts. Le mois de février a été marqué par des échanges et une collaboration qui ont renforcé cet engagement commun au sein de la Fondation Autochtone FSC.
Symposium sur les terres autochtones 2026 au Canada
Le Symposium sur les terres autochtones a réuni des dirigeants, des aînés, des jeunes et des partenaires de partout au Canada et d’autres pays afin de se concentrer sur la renaissance, la restauration et les droits autochtones en matière de gestion forestière. La réunion a créé un espace propice à un dialogue intense sur la gouvernance des terres, le consentement libre, préalable et éclairé, et la pertinence mondiale des systèmes de connaissances autochtones pour relever les défis liés au climat et à la biodiversité.
FSC Aus/Nz Melanie Robertson, Tolita Davis-Angeles, et Jacqueline Lorangi
Un échange consacré aux peuples autochtones avec le FSC Australie et Nouvelle-Zélande a encore renforcé les relations interrégionales, les dirigeants ayant partagé leurs expériences en matière de revendication des droits, de promotion de la protection du pays et d’utilisation d’outils tels que la certification FSC pour soutenir la gestion menée par les peuples autochtones. Cette semaine a mis en évidence la force de la solidarité internationale et l’importance d’apprendre les uns des autres pour promouvoir le leadership autochtone dans le monde entier.
Lors du symposium, le panel « Au-delà de la zone boréale » a réuni Minnie Degawan, directrice générale du FSC-IF, Tolita Davis-Angeles, suppléante du FSC PIPC pour l’Océanie, et Jacqueline Lorangi, leader autochtone, qui ont partagé leurs perspectives interrégionales et les enseignements tirés à travers le monde. Minnie a donné un aperçu des principaux défis mondiaux auxquels sont confrontés les peuples autochtones et la gestion forestière, et Tolita a parlé « des impacts de la colonisation et de la manière dont celle-ci limite la gestion du territoire par les Premières Nations, et comment des mécanismes tels que la certification du Forest Stewardship Council offrent des moyens d’accroître les possibilités pour les Premières Nations de mettre en œuvre des pratiques de gestion du territoire ».
Webinaire sur les économies forestières gérées par les communautés
Lors du webinaire organisé par le WRI, des leaders autochtones de toutes les régions ont réaffirmé que garantir les droits fonciers, renforcer la gouvernance communautaire des forêts et assurer un accès direct au financement climatique sont essentiels pour promouvoir l’action climatique, protéger la biodiversité et soutenir les économies dirigées par les peuples autochtones.
Parmi les intervenants du webinaire figuraient Mme Alina Santiago, représentante du PIPC pour l’Amérique centrale, et Kalea Aquino, toutes deux femmes autochtones de la Fondation Autochtone FSC, qui ont partagé des exemples remarquables de leadership communautaire dans la gestion forestière et d’autres domaines.
Regardez l’enregistrement:
Promotion de modèles commerciaux autochtones basés sur la nature
Le leadership des femmes autochtones continue de stimuler des actions significatives en faveur de la conservation des forêts. Dans la communauté Emberá Purú du Panama, des leaders telles que Briceida Upua renforcent les connaissances locales et la gestion de leurs territoires. Du 22 au 25 janvier, la Fondation autochtone FSC, en coordination avec Health in Harmony et If Not Us Then Who, a animé des ateliers communautaires afin d’examiner les résultats du suivi bioacoustique basé sur une base de référence de la biodiversité établie dans leurs forêts.
Écoutez l’histoire de Briceida:
Grâce à ce processus collaboratif, 211 espèces ont été validées, dont 199 oiseaux, cinq mammifères et sept amphibiens. Il s’agit d’une avancée significative dans la connaissance de la biodiversité menée par la communauté. L’initiative a renforcé l’importance de la conservation des forêts et a défendu les droits de la communauté à gérer et à utiliser ces informations selon les principes de la souveraineté des données autochtones, démontrant ainsi le rôle fondamental que jouent les femmes autochtones dans la protection de leurs terres et de leurs systèmes de connaissances.
FSC-IF lors de la réunion annuelle de planification du GATC
Les participants ont convenu des priorités clés pour l’année à venir, notamment des discussions sur la gouvernance et le budget, des mises à jour des organisations membres, les mouvements des femmes et des jeunes, la plateforme Shandia et l’élaboration de la stratégie pour 2026.
Levi Sucre, AMPB
Au cours de la réunion, la directrice générale du FSC-IF, Minnie Degawan, a souligné l’urgence d’une plus grande solidarité autochtone face au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la réduction de l’espace civique, en insistant sur le fait qu’aucune organisation ne peut relever ces défis seule. Elle a réaffirmé l’engagement du FSC-IF à collaborer avec le GATC, notamment par le biais de collectes de fonds conjointes, d’échanges techniques et d’un soutien pratique, tel que le renforcement des alliances mondiales entre les régions.
Minnie Degawan, FSC-IF
Aissatou Ibrahim, représentante du FSC PIPC pour l’Afrique francophone, codirectrice du Mouvement des femmes du GATC et sous-coordinatrice du REPALEAC en Afrique centrale, a souligné les luttes communes auxquelles sont confrontées les communautés autochtones de tous les bassins et a exprimé sa préoccupation face au manque de financement spécifique pour le Mouvement des femmes. Elle a souligné qu’il s’agissait d’un problème très grave, car les femmes sont au cœur de la famille, et la famille est ce qui constitue la communauté.
Aissatou Ibrahim, FSC PIPC/ REPALEAC
Recherche remarquable
Bioéconomies circulaires dirigées par les Premières Nations : répercussions sociales et économiques et perceptions sociales
Ce rapport propose une analyse approfondie des bioéconomies circulaires menées par les Premières Nations en Australie, en examinant leurs répercussions sociales, économiques, environnementales et culturelles. Il recueille les points de vue de divers groupes des Premières Nations, en mettant l’accent sur leurs responsabilités traditionnelles qui consistent à prendre soin du pays, à préserver les systèmes de connaissances ancestrales et à participer à des pratiques durables qui favorisent le bien-être de la communauté et la santé environnementale.
Chercheurs : Tolita Davis-Angeles et Timothy McBride
20e conférence sur l’adaptation communautaire organisée par l’IIED
La 20e Conférence internationale sur l’adaptation communautaire au changement climatique (CBA20) se tiendra du 11 au 14 mai 2026 à Manille (Philippines) et réunira des professionnels du monde entier afin de partager leurs expériences, renforcer leurs partenariats et promouvoir l’adaptation climatique menée au niveau local dans la pratique.
Bourse sur les politiques climatiques pour les jeunes autochtones de l’initiative Re-Earth
Re-Earth Initiative est fière de lancer sa bourse pour les jeunes autochtones engagés dans la politique climatique. Il s’agit d’un programme d’un an axé sur le renforcement des capacités et la participation politique, conçu pour aider les jeunes autochtones à participer de manière significative aux négociations internationales sur le climat dans le cadre de la CCNUCC. Les candidatures pour la promotion 2026 seront ouvertes le 2 mars et examinées de manière continue jusqu’au 16 mars.
Nous remercions nos alliés et partenaires pour leur soutien et leur collaboration continus. Nous invitons également les institutions financières et les organisations intéressées par l’investissement dans des solutions autochtones fondées sur la nature à nous contacter afin que nous puissions travailler ensemble et renforcer les actions climatiques et forestières menées par les peuples autochtones à travers le monde.