News

Les 500 meilleurs projets de développement durable aux Premios Verdes

Promouvoir des modèles économiques autochtones fondés sur la nature

Le projet pilote « Promouvoir les modèles économiques Autochtones fondés sur la nature » a été sélectionné parmi les 500 meilleurs projets de durabilité en Amérique latine et dans les Caraïbes par les Premios Verdes. Nous célébrons cette nouvelle aux côtés de nos frères et sœurs Emberá-Wounaan du Darién, au Panama.

Le projet est dirigé par la FSC Indigenous Foundation et l’IDB Lab (le Laboratoire d’innovation et d’entrepreneuriat de la Banque interaméricaine de développement), avec le soutien du Forest Stewardship Council (FSC) et de Health in Harmony (HiH).

Santé des forêts et peuples autochtones

Le projet se concentre sur un groupe spécifique de communautés autochtones où, grâce à un système de suivi de la biodiversité soutenu par l’intelligence artificielle, 211 espèces à haute valeur ont été identifiées (dont 9 menacées d’extinction), parmi lesquelles 199 espèces d’oiseaux, cinq mammifères et sept amphibiens. Cela représente une avancée significative dans la connaissance locale de la biodiversité présente dans les forêts communautaires.

Photos: FSC-IF / Hayro Cunampio

Cette initiative a soutenu les peuples Emberá-Wounaan dans le partage de leurs connaissances sur la santé des forêts et l’importance des espèces qui habitent leurs territoires. Dans ce contexte, Muriche Cheucarama, dirigeant de la communauté de Puerto Lara, a déclaré : « Grâce à ces connaissances, la population doit poursuivre ses efforts pour atteindre ses objectifs et parvenir à une plus grande durabilité grâce à la forêt. Tout ce qui est entrepris est réalisé au bénéfice de la communauté. »

Co-création d’un label innovant

Au cœur de cette initiative se trouve la création d’un label distinctif qui reconnaît l’importance des paysages culturels autochtones et contribue à mettre en relation les produits et services autochtones avec des consommateurs et des marchés qui valorisent la culture, la conservation et les moyens de subsistance durables. Afin de soutenir son développement, FSC-IF a entamé une collaboration avec des groupes de discussion autochtones pour s’assurer que le label reflète les points de vue, les priorités et les réalités des communautés autochtones.

Narratif de prospérité communautaire

En outre, le projet intègre le Narratif du bien-être communautaire comme composante clé du système de suivi, en partenariat avec HiH, If Not Us Then Who et Ulu Films, dans le but de recueillir et de présenter un récit qualitatif du bien-être communautaire raconté par les peuples autochtones eux-mêmes.

Photo: FSC-IF / Fredy Duque

Dans le cadre de cette initiative, les communautés ont produit des vidéos portant sur les sujets présentant le plus grand intérêt au niveau local. À Puerto Lara, la vidéo traitait de l’accès à l’eau potable ; à Alto Playón, le récit portait sur l’impact de la migration sur les moyens de subsistance locaux ; et à Arimae et Embera Puru, la vidéo documentait les conséquences vécues lors des manifestations contre la Loi 462 en 2025 au Panama.

Ce processus a également contribué au renforcement des capacités locales dans l’utilisation des outils audiovisuels comme moyens d’expression, de documentation et de sensibilisation communautaire. Comme l’a exprimé le jeune Samuel Cheucarama, de la communauté de Puerto Lara : « Nous n’aurions jamais imaginé que cela puisse arriver, voir la vidéo que nous avons nous-mêmes enregistrée. » Il a ajouté : « Nous avons beaucoup appris, et certains aspects m’ont particulièrement marqué, car imaginez qu’avec de simples vidéos nous pouvons créer une histoire, l’enregistrer et la publier. De plus, cette localité est une destination touristique et il existe des organisations que nous pouvons soutenir grâce à cela. »

Autodétermination et droits des Peuples Autochtones

L’ensemble de ce travail est réalisé conformément aux principes du consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), de la souveraineté des données et du respect des droits des peuples autochtones, en combinant innovation et savoirs ancestraux au sein de solutions numériques validées par les peuples autochtones eux-mêmes.

D’autres initiatives, telles que la communauté de pratique, créent un espace d’apprentissage entre peuples autochtones, devenant ainsi un outil essentiel pour identifier leurs propres voies de développement, tout en renforçant la gouvernance communautaire et la capacité de prendre des décisions à long terme.

Un autre élément clé du projet est la planification économique participative à long terme grâce à l’outil de viabilité économique du FSC. Ce processus aide les communautés à identifier les opportunités et les défis, et à prendre des décisions collectives fondées sur des données qui améliorent leur bien-être.

Pour en savoir plus sur le projet

News

Actualités et moments forts du mois de mai

Des voix autochtones à Santa Marta, New York et Cambridge (Royaume-Uni)

« Pour nous, la biodiversité, c’est la vie, » Minnie Degawan

De la protection des forêts et des montagnes à la promotion de systèmes alimentaires durables, les communautés autochtones sont depuis longtemps les gardiennes de la nature grâce à leur sagesse ancestrale et à leur profond sens des responsabilités envers la terre.


Un appel à une action intégrée face aux crises du climat, de la biodiversité et des terres
Explore la nécessité de renforcer la collaboration entre les Conventions de Rio. Le leadership et les savoirs autochtones sont essentiels pour répondre aux crises du climat, de la biodiversité et des terres grâce à des solutions intégrées.

En savoir plus

De l’engagement à l’action:
Accélérer la gestion durable des forêts Mettre fin à la dégradation et à la déforestation (Événement parallèle UNFF21, FSC).

“Il y a plus de valeur dans le bois, la terre, la forêt, l’eau, le sol, les plantes, ceux qui rampent, ceux qui nagent et ceux qui volent. C’est pourquoi nous disons: toutes nos relations”, David Flood, Première Nation Matachewan.

Regarder

Première Conférence internationale sur la transition hors des combustibles fossiles
Lors de l’événement, il a été souligné que les échanges entre les communautés des Peuples autochtones renforcent les solutions territoriales et les moyens de subsistance durables fondés sur les forêts…

En savoir plus

Dialogues d’action pour la nature
Apprendre des savoirs et du leadership autochtones: des modèles économiques inspirants pour la nature et les populations.

“La qualité de vie et la protection de la nature sont plus importantes que le profit économique…” Niila Inga, Peuple Sámi.

En savoir plus
News

Actualités et temps forts du mois d’avril

Les voix des Peuples Autochtones à Chiang Mai, Oaxaca, Yeosu, New York et Bonn.

Photos: Minnie Degawan: FSC/Christoph Söldner, autres photos: FSC-IF

Réunion Régionale Pipc Asie:
À Chiang Mai, un dialogue crucial s’est déroulé, où des leaders autochtones ont remis en question les systèmes, partagé leurs réalités vécues et réimaginé l’avenir de la gouvernance forestière en Asie.

Lire l’article

Communauté de pratique – Panama et Mexique
Échange de connaissances à fort impact entre les peuples Emberá, Wounaan et Zapotèque à Ixtlán de Juárez, Mexique.

Laissez-vous inspirer!

Rencontre birégionale du LCIPP – Semaine du climat en Corée
Lorsque les savoirs forestiers rencontrent la prise de décision mondiale.

Cliquez ici

UNPFII à New York:
“Assurer la santé des peuples autochtones, y compris dans le contexte de conflit.”
Protégez leurs droits. Protégez les forêts. Protégez la Terre.

Points forts

Réunion générale du personnel 2026
« La collaboration avec le FSC permettra-t-elle à au moins une communauté d’accéder à la vie meilleure à laquelle nous aspirons ? »

FSC-IF à la GSM

Opportunités pour les Peuples Autochtones:
Le FSC offre de multiples voies pour permettre aux peuples autochtones de s’engager et de diriger.

FSC et Peuples Autochtones

News

La gestion forestière par les Peuples Autochtones en Asie

Tout savoir sur la certification FSC en Asie

Mars 2026 

Les 21 et 22 mars, la Fondation Autochtone FSC a organisé la réunion intitulée « Gestion forestière autochtone : naviguer dans la certification FSC en Asie ». Un groupe hétérogène composé de dirigeants autochtones, de représentants de la FSC-IF et du FSC, ainsi que d’acteurs régionaux, s’est réuni à Chiang Mai, en Thaïlande, pour un dialogue approfondi sur l’avenir de la gouvernance forestière en Asie. Il en est ressorti non seulement une discussion technique sur les systèmes de certification, mais aussi une réflexion profonde sur les droits, la résilience et les réalités vécues par les peuples autochtones confrontés à des politiques étatiques restrictives et aux pressions des entreprises.

Dès le début, les participants ont clairement établi une chose : la certification forestière ne peut être dissociée du contexte plus large des droits des Peuples Autochtones. Partout en Asie, les Peuples Autochtones continuent de faire face à un accès de plus en plus restreint à leurs terres ancestrales, à des politiques étatiques restrictives et à des pressions économiques concurrentes.

La tension entre les normes et la réalité

Le Forest Stewardship Council (FSC) se positionne comme un leader mondial de la gestion forestière responsable, avec plus de 117 millions d’hectares certifiés à travers le monde. De plus, le FSC a défini 10 principes, dont trois sont particulièrement pertinents pour les Peuples Autochtones :

Principe 2 : maintenir ou améliorer le bien-être social et économique des travailleurs ; 

Principe 3 : respecter les droits des Peuples Autochtones 

Principe 9 : maintenir ou améliorer les valeurs de conservation élevées, y compris les sites culturels et spirituels. 

Ces principes constituent des points d’entrée formels pour faire progresser les droits des Peuples Autochtones au sein du système FSC. Pourtant, le dialogue a révélé un fossé persistant entre ces engagements et leur mise en œuvre sur le terrain.

Une préoccupation urgente a été soulevée concernant le FPIC. Pour de nombreux participants autochtones, le FPIC n’est pas simplement une étape procédurale, mais une expression fondamentale de l’autodétermination. Les témoignages partagés lors de la réunion ont illustré comment, dans la pratique, les communautés sont souvent consultées trop tard, voire pas du tout, alors que les décisions concernant leurs terres sont déjà en cours. La crainte est que les révisions en cours des normes FSC affaiblissent le FPIC, transformant un droit substantiel en une simple formalité administrative.

M. Nicolas Mujah, membre du Conseil de l’IF FSC, a également mentionné comment les communautés peuvent engager des procédures de réclamation pour contester les violations:

« Il est important d’intégrer le FPIC au FSC. Au sein du FSC, il existe un cadre de recours : si vous estimez avoir été victime d’une injustice, vous pouvez commencer par le mécanisme de plainte. »

Les participants ont convenu que le FSC et les mécanismes de certification similaires doivent fournir des processus de plainte et de recours transparents et efficaces. Les mécanismes de plainte peuvent être anonymisés pour protéger les défenseurs des droits humains, mais un soutien systémique et un suivi font défaut, ce qui sape la responsabilité.

Obstacles structurels à la participation

La participation a été un thème central du dialogue : qui a le pouvoir de définir les règles ?

La structure de gouvernance du FSC, articulée autour de chambres économiques, sociales et environnementales, est conçue pour équilibrer les intérêts. Cependant, les participants ont mis en évidence des obstacles importants pour les Peuples Autochtones. Les cotisations, la complexité technique, le pouvoir de vote limité et l’accès inégal à ces mécanismes restreignent tous une participation significative. Pour de nombreuses communautés dépendantes de la forêt, le simple fait de s’y retrouver dans le système peut être accablant, en particulier pour les communautés autochtones disposant de ressources limitées et d’un soutien insuffisant.

Cependant, malgré ces défis, plusieurs mécanismes d’engagement ont été mis en avant par Jacki Yeung, responsable des adhésions du FSC pour la région Asie-Pacifique :

  • Participation aux motions de l’Assemblée générale et aux processus de vote
  • Implication dans les discussions des chambres et les groupes de travail
  • Engagement dans les consultations et les plateformes d’élaboration des politiques

Les participants ont souligné que si l’adhésion individuelle peut sembler limitée, l’organisation collective au sein des chambres peut renforcer l’influence autochtone.

Une voie à suivre : réforme et collaboration

Malgré les défis, le ton de la réunion n’était pas celui de la résignation, mais d’une détermination prudente.

Les participants ont appelé à des réformes concrètes au sein du FSC, reconnaissant que les structures actuelles sont insuffisantes pour protéger les droits des Peuples Autochtones, notamment en réduisant les obstacles à l’adhésion, en renforçant la représentation autochtone et en garantissant une application cohérente des normes. L’accent a également été fortement mis sur l’action collective, l’organisation au sein des chambres, la création de réseaux régionaux et l’élaboration de messages communs pour les plateformes mondiales.

Lors de la dernière journée du dialogue, les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ont été mis en avant comme un outil complémentaire, notamment pour renforcer la responsabilité et l’accès aux voies de recours. Alors que des lois rendant obligatoire la diligence raisonnable commencent à voir le jour dans plusieurs pays, il existe un potentiel croissant d’aligner les systèmes de certification sur des cadres juridiques plus larges.

Conclusion : de la participation au pouvoir

Cette rencontre a mis en évidence un moment critique pour la gouvernance forestière en Asie. Le FSC et les systèmes similaires recèlent un potentiel considérable, mais leur légitimité dépend de leur capacité à tenir leurs promesses.

Pour les Peuples Autochtones, la question n’est pas de savoir s’il faut s’engager, mais comment transformer ces systèmes afin qu’ils reflètent véritablement leurs droits, leurs connaissances et leur leadership.

Dans l’ensemble, la rencontre a été révélatrice et a créé un espace de réflexion critique, les participants ayant exprimé leur gratitude pour cette occasion de partager leurs expériences et de remettre en question les systèmes existants.

« J’ai beaucoup appris sur le FSC et le PIPC. Merci pour cet échange d’apprentissage ; le fait de comprendre les défis et les expériences de chacun a rendu cette expérience vraiment significative et fructueuse. J’espère également que les jeunes s’impliqueront davantage. »

– Naomi Be-ilan, jeune autochtone, Ikalahan, Philippines 

1 2 3 6